Oddo & Cie vient de boucler une augmentation de capital de 100 millions d’euros, préalable à l’acquisition de BHF Kleinwort Benson. Thétys, holding de la famille Bettancourt-Meyers, a participé au tour de table.
Oddo & Cie n’est plus très loin de concrétiser son ambition de doubler sa taille en devenant un groupe financier véritablement franco-allemand avec plus de 110 milliards d’euros d’actifs sous gestion. Il vient pour ce faire d’obtenir le concours financier de la famille Bettencourt-Meyers, via son holding Thétys, ainsi que de la société de gestion d’actifs familiale Boussard & Gavaudan.
Le groupe annonce ce jeudi que ces deux acteurs sont entrés à son capital à hauteur de près de 5 % à l’occasion de la levée de 100 millions d’euros bouclée le 31 décembre. Cette opération était une condition suspensive, fixée par la Banque centrale européenne (BCE), à l ’acquisition du groupe coté à Bruxelles BHF Kleinwort Benson et de sa pépite BHF-Bank, grande banque privée outre-Rhin.
L’acquisition de BHF devrait être finalisée fin mars
Facilitée par le retrait de l’offre du chinois de Fosun, qui convoitait aussi cet actif, cette opération clef pour Oddo devrait être finalisée à la fin du premier trimestre , selon Philippe Oddo, associé gérant du groupe qui détient déjà 21,5 % de BHF Kleinwort Benson. Avant de lancer son offre publique d’achat (OPA), la BCE exige encore qu’Oddo obtienne l’approbation du Fonds de protection des dépôts allemands, laquelle « est attendue à très court terme », précise le groupe. L’Autorité des marchés belge (FSMA) devra ensuite approuver le prospectus détaillant le projet d’OPA au prix de 5,75 euros sur quelques 46,6 % du capital de BHF Kleinwort Benson, Oddo ayant déjà obtenu du Groupe Franklin Templeton (17,6 %) et de la société Aqton (11.3 %), holding de Stefan Quandt, qu’ils lui apportent leur participation.
Le groupe financier Oddo & Cie va se rebaptiser Oddo-BHF pour traduire son nouvel ancrage en Allemagne via l’acquisition de BHF Kleinwort Benson et de sa banque privée BHF-Bank, a annoncé jeudi son associé-gérant Philippe Oddo. Le nouvel ensemble comptera 2.500 personnes dont 1.400 outre-Rhin, pour 600 millions d’euros de recettes globales.
L’entrée de la famille Bettencourt-Meyers, premier actionnaire de L’Oréal, au capital d’Oddo résulte de sa stratégie patrimoniale et « de liens de bon voisinage. Ce sont deux familles qui évoluent depuis longtemps dans le monde des affaires parisiennes et se connaissent bien », souligne une source proche d’Oddo. Le groupe, dont la famille Oddo détient 60 % du capital, se félicite par ailleurs que l’ensemble de ses actionnaires existant aient participé à ce tour de table qui lui permet désormais de disposer de 700 millions d’euros de fonds propres, un niveau multiplié par plus de dix sur les vingt dernières années, précise Oddo.
Deuxième actionnaire avec 30 % du capital, ses salariés français ont notamment manifesté leur adhésion au projet stratégique franco-allemand du groupe en apportant près de 5 millions d’euros. Entré au capital de BHF en juillet 2014, Oddo a ensuite racheté en Allemagne Seydler, spécialiste du financement de PME, et le gestionnaire d’actifs Meriten.